Christophe Paya - Un blog théologique et pratique

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vendredi 8 avril 2011

Les grands classiques

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Une étude américaine portant sur 28 recueils de cantiques protestants publiés entre la fin du 19e siècle et nos jours dresse la liste des cantiques les plus souvent présents.

Apparaissent dans la totalité (ou quasi-totalité) des recueils 27 cantiques, dont ceux-ci, connus en français

- A l'agneau sur son trône
- C'est un rempart que notre Dieu (de Luther)
- Seigneur que n'ai-je mille voix

Et bien d'autres, pas nécessairement traduits.

Bizarrement, le fameux Amazing Grace est absent des premières places du classement...
Il est à noter que l'étude ne prend pas en compte les recueils de cantiques "dématérialisés" (pour rétroprojecteurs, vidéoprojecteurs...).

mercredi 1 décembre 2010

L'Avent et Noël

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Pour ceux et celles qui participent à la préparation des cultes, en cette période de l'Avent (année A), voilà pour mémoire les textes bibliques habituellement lus:

1er dimanche de l'Avent (dimanche 28 novembre) :
- Esaïe 2.1-5
- Psaume 122
- Romains 13.11-14
- Matthieu 24.36-44

2e dimanche de l'Avent (dimanche 5 décembre) :
- Esaïe 11.1-10
- Psaume 72.1-7, 18-19
- Romains 15.4-13
- Matthieu 3.1-12

3e dimanche de l'Avent (dimanche 12 décembre) :
- Esaïe 35.1-10
- Psaume 146.5-10 ou Luc 1.47-55
- Jacques 5.7-10
- Matthieu 11.2-11

4e dimanche de l'Avent (dimanche 19 décembre) :
- Esaïe 7.10-16
- Psaume 80.2-8, 18-20
- Romains 1.1-7
- Matthieu 1.18-25

Noël :
- Esaïe 9.1-6; 62.6-12; 52.7-10
- Psaume 96, 97, 98
- Tite 2.11-14; 3.4-7; Hébreux 1.1-4
- Luc 2.1-14; 2.8-20; Jean 1.1-14


Et voici aussi quelques cantiques de l'Avent et de Noël (les meilleurs, ou en tout cas mes préférés...) :

- A l’Agneau sur son trône (ARC 327)
- A pleine voix, chantons (ARC 374)
- Aube nouvelle (ARC 301)
- Aujourd’hui, le Roi des cieux (ARC 365)
- Emmanuel (JEM 260)
- Hosanna (JEM 336)
- Il est né le divin enfant
- Jésus, c’est le plus beau nom (JEM 222)
- Les anges dans nos campagnes (ATG 108)
- Dieu des grâces éternelles (ARC 313)
- O nuit bienveillante (ARC 352)
- Oh peuple fidèle (ARC 359)
- Oh ! quel éclat sur nos matins (ARC 367)
- Oh ! viens, Jésus (ARC 307)
- Peuples qui marchez (ARC 316)
- Quand s’éveilleront nos cœurs (ARC 315)
- Seigneur, que tous s’unissent (ARC 303)
- Terre chante de joie (ATG 97)
- Venez bergers (ARC 371)
- Voici l’enfant nous est né (ARC 360)
- Voici Noël (ARC 354)

jeudi 2 avril 2009

Forces et faiblesses du culte évangélique : (2) la communion fraternelle

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La communion fraternelle est habituellement reconnue comme l’une des caractéristiques, et donc comme l’un des points forts, du culte évangélique : elle précède, suit et accompagne le déroulement du culte. Elle s’exprime de différentes manières, et en particulier par la qualité de l’accueil et par les échanges qui suivent le culte, pour les deux extrémités du parcours ; mais aussi, au sein même du culte, par le chant, moyen principal d’expression de l’unité fraternelle, et par l’atmosphère cultuelle détendue qui favorise la participation et l’intégration. À cette communion fraternelle chrétienne sont intégrés les visiteurs chrétiens, qui s’y attendent et notent quand ce n’est pas le cas. Y sont intégrés aussi les visiteurs non-chrétiens, qui le remarquent en particulier par comparaison avec leur expérience antérieure de l’Église.

Cette communion fraternelle, si l’on cherche à l’interpréter au-delà de la chaleur d’un accueil ponctuel, est en fait une façon de faire vivre le message qui est en même temps prêché. Dans le meilleur des cas, les paroles que vous entendez prononcer par les différents intervenants et en particulier par le prédicateur, vous pouvez en éprouver la réalité dans la communion fraternelle que vous êtes en train d’expérimenter. Et réciproquement, les paroles que vous entendez de la part des intervenants donnent du sens à l’accueil et à l’atmosphère d’unité et de chaleur que vous êtes en train de vivre.

C’est évidemment dans le meilleur des cas. La réalité n’est pas toujours aussi cohérente. Mais on peut difficilement refuser en bloc au culte évangélique cette qualité. La « communion fraternelle » peut cependant entrer en conflit avec d’autres aspects du culte, ainsi qu’avec le respect du désir d’intimité des personnes. Ce dernier cas se produit si l’accueil devient trop insistant et si la personne qui souhaite seulement « venir voir » se trouve entraînée plus loin qu’elle ne l’aurait souhaité. La chaleur fraternelle peut également entrer en conflit avec le sérieux du culte. Mais le problème vaut dans les deux sens : si la communion fraternelle donne au culte une allure chaotique, alors elle n’est plus communion car elle oublie la présence de Dieu ; mais aussi (et on l’oublie parfois), si le sérieux ou la solennité du culte empêche l’entrée en relation fraternelle et détendue des participants, alors on donne une image de l’Église qui ne correspond pas à celle de la maison/famille du Nouveau Testament.

lundi 16 mars 2009

Forces et faiblesses du culte évangélique : (1) La prédication

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La prédication occupe une place importante dans le culte évangélique d’aujourd’hui. Alors que, depuis plusieurs décennies déjà, l’heure est à la réduction drastique du temps des prédications, la prédication évangélique demeure relativement longue : 20 minutes minimum en général, jusqu’à 45 minutes, voire plus dans certaines cultures et traditions ecclésiales. Le prédicateur américain Bryan Chapell, dans son manuel homilétique, suggère néanmoins de ne pas dépasser 30 minutes.

Alors que le discours oral n’est pas au mieux de sa forme, surtout s’il ne sert pas de faire-valoir à l’image, ou s’il ne joue pas sur des registres excessifs, la prédication évangélique, au moins dans sa version classique, reste un simple discours oral, dans lequel l’image, lorsqu’elle est présente, ne vient qu’en second, à l’appui de la parole.

L’espace homilétique existe donc, et la prédication n’a pas à forcer la porte pour entrer dans le culte évangélique. Elle y a toute sa place, elle y est légitime, elle est même souvent attendue. Rien ne permet de dire que d’autres éléments du culte viennent empiéter sur son territoire. Au contraire, il arrive même qu’elle oriente de son thème le reste du culte. On pourrait penser que, dans certains courants, le chant grignote de la place, mais si c’est le cas, ce n’est pas au détriment de la prédication : les Églises qui survalorisent le chant ont en général des cultes longs, et dans ces cultes longs de longues prédications…

Il ne suffit évidemment pas de disposer du nombre de minutes nécessaires à la prédication pour qu’il y ait prédication. La question se pose du rapport à l’Écriture du discours prononcé, et de son actualité. Ces deux pôles essentiels de la prédication ont parfois tendance à attirer à eux les prédicateurs, alors que la prédication évangélique devrait être à la fois scripturaire et actuelle. C’est d’une part la question de la formation des prédicateurs qui se pose ici ; et d’autre part la question de leur rapport à la réalité du monde et de la vie des auditeurs. En l’absence de contenu biblique, c’est évidemment la personnalité du prédicateur, qui devient alors un acteur, qui prend le dessus. En l’absence d’actualité, ou de pertinence, on ne peut pas parler de proclamation évangélique mais simplement de discours.

mardi 25 novembre 2008

Culte : critères de choix des cantiques (3) et (4) - Intelligibilité et "chantabilité"

Critère d’intelligibilité : Est-ce que le message du chant est compréhensible ? Est-ce que le langage du chant et sa musique correspondent à un mode d’expression de la foi qui convient au public concerné. Une bonne partie des évolutions du répertoire des chants d’Église, à partir de la Réforme, s’explique par la mise en œuvre de ce critère d’intelligibilité. Il s’agissait de faire en sorte que la foi chrétienne puisse être chantée dans un langage musical adapté au commun des croyants.

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Critère de « chantabilité » communautaire : Est-ce que le chant correspond aux capacités musicales de l’Église ! Il s'agira là de le comparer à ce que l'Église chante d’habitude (ce qui ne veut pas dire qu’une évolution n’est pas possible, mais qu'elle doit être progressive et faire probablement l'objet d'un apprentissage).

vendredi 31 octobre 2008

Culte : critères de choix des cantiques (2) - le critère du « chantable » disponible

Musique

Le deuxième critère à prendre en compte, c’est le critère du « chantable » disponible. Il vient utilement équilibrer le premier. Pour les chants, il faut faire avec ce qui existe. L’Église possède un répertoire, qui est assez vaste, et c’est une chance, mais qui est imparfait. Il n’a pas le statut de l’Écriture. Dans ce qu’il a de bon, il peut véhiculer la prière, la foi et l’adoration de l’Église. Mais une application excessivement stricte du critère théologique pourrait conduire à ce que les répertoires hymnologiques soient réduits à pas grand chose. Pour les cantiques, comme pour d’autres interventions du culte chrétien, comme pour les diverses paroles humaines prononcées lors du culte, l’assemblée est appelée à exercer son discernement communautaire. Mais il ne faut pas s’attendre à ce que ces paroles humaines, qu’elles soient chantées, priées, ou dites, soient tout simplement à la hauteur des paroles bibliques. Elles ne le sont pas. Sauf si l’on pense qu’il ne faut chanter que des extraits de l’Écriture, ce qui était la position de certaines branches de la Réforme, en particulier du côté de Calvin et d’une partie de ses héritiers.

Il y donc forcément un décalage entre ce que nous chantons et ce que nous disons, d’une part, et d’autre part les convictions de l’Église et la réalité de notre vécu. Les paroles des chants, comme les prières, comme les discours, ne sont que partiellement appropriées et ne peuvent donc pas refléter exactement ni les convictions profondes ni les convictions bibliques. Comme d’autres éléments du culte, les chants donnent une certaine expression à nos convictions, mais une expression qui est partielle et parfois décalée.

Le rapport des cantiques à la réalité du vécu des croyants, de leurs sentiments, mérite qu’on s’y arrête un instant. Les chants qui reflètent de manière très proche l’expérience du compositeur ne permettent pas toujours l’identification du croyant aux paroles chantées, s’il n’a pas connu la même expérience que le compositeur. Pete Ward (Selling Worship. How What We Sing Has Changed the Church, Milton Keynes, Paternoster, 2005, p. 203) propose une hypothèse intéressante : il pense que nos chants utilisent souvent des images qui proviennent de la marge ou des limites de l’expérience émotionnelle et spirituelle. Il fait en particulier référence aux chants qui expriment une intense soif de Dieu, ou à des chants qui expriment une consécration sans réserve (comme « Entre tes mains j’abandonne », ATG 289, ou « Tout à toi », JEM 551), ou à des chants qui expriment un amour pour Dieu sans faille. C’est la question de la manière dont s’exprime le rapport à Dieu dans les chants et dans le langage qui est employé pendant le culte ; un langage qui s’appuie parfois, selon cette hypothèse, sur un vécu ponctuel qui se situe à la marge de l’expérience du croyant plutôt que sur le vécu régulier de la foi (on peut penser à des expériences fortes comme des décisions de consécration, des moments d’engagement pour Dieu, des expériences de désert extrêmement desséchantes dans lesquelles le croyant désire la présence de Dieu comme on désire de l’eau quand on a soif, etc.).

mercredi 15 octobre 2008

Culte : critères de choix des cantiques (1)

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Lorsque l’on choisit des cantiques en vue d’un culte, on ne met pas forcément en œuvre toute une démarche théologique, et on ne consacre pas nécessairement non plus des heures au choix des chants. Néanmoins, il peut être utile d’avancer quelques critères, non seulement pour aider au choix, mais surtout pour permettre de penser la pratique. Le premier de ces critères est évidemment le critère théologique. C’est la question du contenu du chant.

On peut en situer l’application à deux niveaux :

  • Au niveau le plus général, d’abord : est-ce que le cantique en question entre dans le cadre de la théologie évangélique, ou bien est-ce qu’il part sur d’autre voies, moins orthodoxes ? La question se pose assez rarement de manière aussi directe, il faut le reconnaître, et donc pour que le critère soit utile, il va falloir l’affiner.
  • À un niveau plus modeste, deuxièmement, où la question se pose le plus souvent : est-ce que la pensée véhiculée par le chant correspond à la théologie de l’Église dans laquelle je me trouve ? Ce qui signifie que tous les cantiques ne conviennent pas à toutes les Églises. Il y a des chants qui, tout en se situant dans le domaine de ce qui est globalement acceptable d’un point de vue évangélique, ne conviennent pas aux orientations théologiques spécifiques d’une Église donnée.

Ce second aspect doit cependant être formulé d’une autre manière, plus constructive. Certains chants peuvent véhiculer une théologie qui ne correspond pas au courant principal de la théologie chrétienne, mais qui n’est pas totalement « hérétique » dans la mesure où cette théologie garde la place qui est la sienne.

Prenons un exemple. On cite souvent les chants de combat. Il en existe dans les recueils de cantiques récents, comme dans les recueils plus anciens ; ce n’est donc pas un phénomène nouveau (voir « Debout sainte cohorte », ATG 352 ; « Il est une sainte guerre », ATG 357 ; « Jusqu’à la mort », ATG 355 ; « C’est un rempart que notre Dieu », ATG 349, le fameux cantique de Luther, dont il existe plusieurs versions françaises, dont celle, dans ATG, de Ruben Saillens ; le chant décrit de manière très colorée le combat contre le diable et ses démons ; etc.). Or d’un point de vue biblique, on est obligé de constater que la majorité des données néotestamentaires ne font pas de l’Église une armée. Pour autant, cette thématique-là n’est pas pour autant totalement absente du N.T. (voir Tremper Longman, God is a Warrior, Zondervan, 1995).

La question qui se pose plutôt à propos d’un thème comme celui-là, qui ne fait pas partie du courant principal de la théologie biblique mais qui en fait cependant partie de manière secondaire, c’est (1) quelle place occupe ce thème dans le répertoire chanté de l’Église ?; et (2) comment ce thème est-il présenté par les cantiques ? À propos de la place qu’il occupe, il serait quand même gênant qu’une thématique qui est secondaire dans la Bible devienne première dans l’hymnologie de l’Église ; et on peut généraliser : dans le langage cultuel de l’Église. Il est évidemment préférable de respecter les priorités bibliques. Deuxièmement, la question se pose aussi : comment ce thème est-il mis en scène dans nos chants ou dans notre langage cultuel ? On peut entre autre se demander :

  • Dans la thématique biblique du combat, qui est-ce qui combat ? Est-ce que c’est l’Église ou est-ce que c’est Dieu, ou quelqu’un d’autre, ou l’individu croyant ?
  • Dans la thématique biblique, qui est l’adversaire du ou des combattants ?
  • Dans la thématique biblique, quel est l’objet du combat ? Est-ce qu’il y a quelque chose à conquérir, et si oui, quoi ? Un territoire ? Lequel ? Autre chose ?

jeudi 28 février 2008

Culte sur France 2 en direct de Valence

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One ne manquera pas de visionner l'excellent culte de l'Eglise évangélique libre de Valence diffusé en direct dimanche 24 février sur France 2. On peut revoir l'émission sur le site de Présence protestante ou le télécharger sur le site de l'Eglise libre de Valence.

Même si le format télé est réducteur, notamment par sa durée (mais pas seulement), pour le dynamisme du culte, on y retrouve bien les ingrédients habituels du culte évangélique d'aujourd'hui que sont :

- le format contemporain ;
- le souci d'intelligibilité du discours ;
- la louange musicale ;
- la diversité des intervenants ;
- et le caractère transgénérationnel de l'auditoire.

jeudi 10 janvier 2008

Cantiques : le top 25

Piano.jpg Liste des 25 cantiques les plus utilisés dans les Églises de Grande Bretagne en 2006-2007, selon le Christian Copyright Licensing International (CCLI, un des organismes qui gère les droits d’utilisation des cantiques) :

1. In Christ Alone, de Stuart Townend et Keith Getty.
2. Be Still, de David J. Evans.
3. Shout to the Lord (O Jésus mon Sauveur, JEM 640), de Darlene Zschech.
4. How Deep The Father’s Love For Us, de Stuart Townend.
5. Come Now Is The Time To Worship (Viens, ne tarde plus, JEM 720), de Brian Doerksen.
6. Lord I Lift Your Name On High (Je loue ton nom Éternel, JEM 576), de Rick Founds.
7. Shine Jesus Shine (Seigneur par la clarté de ton amour, Brille Jésus, JEM 495), de Graham Kendrick.
8. I Will Offer Up My Life, de Matt Redman.
9. King of Kings Majesty, de Jarrod Cooper.
10. All Heaven Declares (Les cieux proclament, JEM 448), de Noel et Tricia Richards.
11. Knowing You (Te connaître, JEM 829), de Graham Kendrick.
12. The Servant King (Tu es venu jusqu’à nous, Roi serviteur, JEM 553), de Graham Kendrick.
13. Faithful One (Dieu fidèle, JEM 612), de Brian Doerksen.
14. Here I Am To Worship (Lumière du monde, JEM 788), de Tim Hugues.
15. Once Again (Jésus-Christ, JEM 769), de Matt Redman.
16. There Is A Redeemer (Rédempteur du monde, JEM 332), de Melody Green.
17. Blessed Be Your Name (Béni soit ton nom, JEM 332), de Beth et Matt Redman.
18. Jesus Is The Name We Honour, de Philip Lawson Johnston.
19. We Want To See Jesus Lifted High (Nous voulons voir Jésus élevé, JEM 585), de Doug Horley.
20. How Great Thou Art (Dieu tout puissant, JEM 66), Stuart W.K. Hine.
21. Great Is Thy Faithfulness (Dieu ta fidélité, JEM 400), de Thomas Chisholm et William Runyan.
22. Be The Centre (Jésus sois le centre, JEM 772), de Michael Frye.
23. Give Thanks (Merci, d’un coeur reconnaissant, JEM 454), de Henry Smith.
24. As The Deer, Martin Nystrom.
25. Majesty (Majesté, JEM 314), de Jack Hayford.

Dans cette liste, seuls sont pris en compte les cantiques qui relèvent d’un copyright, ce qui ne signifie pas que d’autres, qui appartiennent au domaine public, ne sont pas chantés. Aux côtés des diverses nouveautés, on peut noter la permanence de certains chants et auteurs, probablement représentatifs d’autres qui figurent plus loin dans le classement. Parmi ceux qui se maintiennent, quelques classiques (« Dieu ta fidélité », 1923 ; « Dieu tout-puissant », 1953), mais ce classement porte plutôt sur des cantiques plus récents. Le fait que quelques-uns aient survécu à plusieurs décennies de chant d’Église suggère qu’il doit être possible de préserver le meilleur des multiples cantiques qui traversent les répertoires évangéliques, parfois sans vraiment s’arrêter. Dans ce sens, notons le fameux « Majesté » du pasteur pentecôtiste américain Jack Hayford (1981), le non moins célèbre « Rédempteur du monde » (1982), de Melody Green, plusieurs Kendrick (« Brille Jésus », 1987 ; « Roi serviteur », 1983 ; et l’excellent « Te connaître Jésus », 1993, qui sont d’ailleurs, dans cette liste, ceux qui possèdent les paroles les plus élaborées).

À cette conservation spontanée de certains chants par les Églises, on pourrait suggérer d’ajouter un travail volontaire de sélection et de préservation des chants qui méritent d’être gardés, au fil du renouvellement des répertoires. Ces chants seraient maintenus dans le répertoire actif de l’Église et utilisés régulièrement ou à certaines occasions, bien que peut-être moins souvent que ceux qui sont en apprentissage présent. Ce travail permettrait de maintenir le fil de la transmission hymnologique. La même chose pourrait être faite pour les hymnes et cantiques plus anciens, même s’ils ne sont pas concernés par la liste du CCLI.

Je note que les quelques cantiques qui viennent d’être cités et qui demeurent malgré le passage des années portent sur des thèmes qui appartiennent aux fondamentaux de la foi chrétienne, fondamentaux qui sont généralement exprimés d’une manière bibliquement juste et suffisamment précise pour que le chant ne soit pas noyé parmi beaucoup d’autres identiques : respectivement la majesté du Christ, la rédemption présente et future, la lumière du Christ et sa fonction dans la vie du croyant, le ministère terrestre du Christ, et la relation du croyant avec le Christ.

La liste ne se prétend pas universelle et ne concerne pas le monde francophone ; néanmoins, il est quand même frappant de constater que l'immense majorité des chants cités ont été publiés en français dans un des volume de JEM ; le classement francophone ne devrait donc pas être très différent de celui-ci.

lundi 11 juin 2007

Graham Kendrick, la louange et la lecture de la Bible


Graham Kendrick, interviewé dans le dernier numéro de Construire ensemble (mai 2007), note qu’il constate un manque de lecture biblique dans nos cultes actuels. Il a raison. Graham Kendrick, qui est présent sur la scène de la musique de louange depuis plus de trente ans (mais surtout depuis vingt ans), est l’auteur de cantiques qui sont parmi les plus universellement connus : Brille Jésus (Shine Jesus Shine), Tu es venu jusqu’à nous (The Servant King), Mystère de Jésus-Christ (Meakness and Majesty), dont le contenu tranchait au moment de leur composition avec la tendance au dépouillement d’une partie des compositeurs. Plus généralement, il aborde dans ses chants des thèmes souvent oubliés comme l’incarnation, la création, la Trinité, etc., avec une sensibilité théologique qui s’est affinée au fil des années. Il est également l’auteur de cantiques adaptés à des occasions de la vie de l’Église souvent négligées dans la composition contemporaine (voir son allbum Spark to a flame, 1993). Kendrick a depuis plusieurs années (depuis les années 1990) une réflexion intéressante sur la pratique de la « louange » dans le culte d’aujourd’hui. Ce qu'il dit de la lecture de la Bible dans le culte est donc à écouter avec attention.

Il ne précise pas le rôle que peut jouer la lecture de la Bible dans le culte, mais en plus des aspects classiques de la question, on peut suggérer les éléments suivants :

- La lecture de la Bible comme acte de confession de foi : La foi est dite par la lecture des paroles inspirées de l’Écriture, conformément à la conviction de l’assemblée réunie. Par le simple fait placer cette lecture au cœur du culte, la communauté dit sa foi en Dieu l’auteur de la Bible, sa confiance en la valeur du texte inspiré, et son désir d’y soumettre sa vie.

- La lecture de la Bible comme acte d’adoration : La lecture publique, qui n’est pas ici conçue comme la simple citation d’une phrase biblique par ci par là mais comme la lecture d’une unité littéraire de la Bible, est un acte d’adoration du Dieu des Écritures. Les paroles bibliques, qui sont données par Dieu à son Église, lui sont retournées par la communauté qui les fait siennes, en un acte d’adoration du Dieu qui se révèle, en un acte de reconnaissance au Dieu qui fait connaître son plan de salut par sa parole.

- La lecture de la Bible comme acte de consécration : Par la lecture publique des Écritures, la communauté chrétienne rassemblée marque en quelques sortes son désir de revenir aux sources de la foi, de redire et de réentendre le récit de l’histoire du salut et de la nouvelle alliance. Comme le peuple d’Israël le fait à de nombreuses reprises, elle affirme ainsi son retour à Dieu ou son désir de se tourner vers lui.

vendredi 27 avril 2007

« Encouragez-vous par des cantiques… »

Les cantiques ont-ils une fonction catéchétique ? Autrement dit, ont-ils, entre autres, pour fonction (ou pour effet) d’enseigner à ceux qui les chantent quelque chose sur Dieu ou sur la foi ? Dans l’histoire, cette fonction est à certaines périodes bien documentée. Le rôle des cantiques dans la diffusion et l’enseignement de la pensée de la Réforme, par exemple, devrait pouvoir être démontré.

Néanmoins, il n’est pas acquis que cette fonction soit permanente, ni qu’elle soit présente au même degré, ou identique, à toutes les périodes. Il n’est pas non plus exclus que la fonction des chants varie selon les époques. Les chants actuels de Taizé, par exemple, qui sont connus pour leur caractère simple et répétitif, ont une fonction assumée : ils se veulent méditatifs, souhaitent dire en peu de mots une réalité fondamentale, facile à saisir par l’intelligence, et ouvrir à l’écoute et à l’attente de Dieu. Cela ne signifie pas que la didactique soit absente, puisque cette « réalité fondamentale », longuement répétée, est intériorisée par les personnes qui chantent. Mais il s’agit d’une catéchèse qui est moins de l’ordre de l’instruction que de l’ancrage et de la spiritualité.

Nos cantiques évangéliques contemporains (en particulier ceux de JEM 1-3), pour prendre un autre exemple, véhiculent une certaine image de Dieu et de la relation avec Dieu. Mais ces cantiques nous communiquent-ils leur image de Dieu ? Ou bien est-ce que nous les chantons parce que l’image de Dieu qu’ils contiennent correspond à ce que nous croyons de Dieu ? C’est probablement un peu des deux. Nous choisissons les cantiques qui nous conviennent, ceux avec lesquels nous nous sentons en phase, et en même temps, ces cantiques, que nous chantons régulièrement, nous transmettent un certain nombre de choses sur Dieu, ou plutôt confirment ce que nous croyons déjà plus ou moins sur Dieu.

On peut difficilement comparer directement la fonction catéchétique des cantiques d’aujourd’hui à celles d’autres périodes de l’histoire sans prendre en compte l’évolution des modes d’apprentissage. Les moyens d’apprentissage sont aujourd’hui plus nombreux que jamais. Il ne faut donc pas surestimer en la matière le rôle des cantiques. Si l’on devait classer par ordre d’importance les différents moyens d’enseignement dont dispose le chrétien, la prédication viendrait à mon avis en premier ; mais il faudrait aussi citer la lecture publique des Écritures (parfois négligée, malheureusement), la littérature chrétienne dont la qualité ne cesse de s’améliorer, et diverses autres « lieux » de formation.

Dans la mesure où nos cantiques ont une fonction catéchétique, leur contenu doit être lu et analysé attentivement. Mais on veillera à ne pas se tromper de critères d’évaluation. Si on les compare à ce que devrait normalement contenir un catéchisme, alors ils ne passeront pas le test. Si l’on admet qu’ils peuvent venir en complément d’autres moyens d’enseignement, et qu’ils peuvent avoir d’autres fonctions prioritaires, alors la question devient plus subtile. Il faudra en particulier s'interroger sur les fonctions suivantes des cantiques : encouragement, renforcement du lien communautaire (solidarité), expression de joie, préparation à l'écoute de la Parole, confession de faiblesse devant Dieu, etc.

dimanche 4 mars 2007

Louange : chants et romantisme

Le compositeur-interprète de chants de louange Matt Redman, dans une récente interview au magazine anglais Christianity (mars 2007), suggère que certains de nos cantiques récents sont plus adaptés aux femmes qu’aux hommes… Certains des textes que nous chantons relèveraient d’un registre romantique féminin auquel les hommes pourraient avoir plus de mal à s’identifier. Notons tout d’abord que les hommes peuvent aussi être romantiques, mais qu’on peut en effet admettre que le romantisme masculin et le romantisme féminin aient des formes différentes…

Pour aller dans son sens, on pourrait citer quelques exemples. Dans le chant de John Wimber «Le Fils de Dieu» (JEM 446 ; en version originale Spirit Song), on trouve ces paroles : «le Fils de Dieu voudrait t’entourer de ses puissants bras d’amour» (l’idée est légèrement moins explicite dans la version anglaise) ; dans le chant de Fabienne Pons, «C’est le temps de l’amour» (JEM 562), l’intension romantique est plus forte encore : «notre cœur s’est embrasé à la vue du bien-aimé», «il nous a comblés d’amour», «il est beau, resplendissant», «passion intense», «le voici courant vers nous, Jésus notre bien-aimé» ; dans «Je veux chanter un chant d’amour» (JEM 626), de Craig Musseau, l’adorateur «ne veut pas être ailleurs que dans tes bras d’amour». Plusieurs chants célèbrent la « beauté » de Jésus (par exemple « Jésus, toi la perle précieuse», JEM 628) ; pour «Amoureux de mon âme» (Sara et Ehud Tzuaig, JEM 657), le titre suffit ; de même pour «Tu es le plus beau» (Élizabeth Bourbouze ; JEM 600).

Une partie des chants de cette catégorie fait usage d'un langage de type familial, qui utilise en particulier les rapports parents-enfants pour décrire le rapport du croyant au Père céleste. D’autres, en revanche, expriment tout simplement en langage romantique le rapport à Jésus.

Ce type d’expression de la foi n’est pas nouveau, comme le montre la récurrence du thème du « mariage mystique » avec Jésus chez certaines grandes mystiques de l’histoire chrétienne (voir par exemple Sainte Thérèse de Lisieux). Toutefois, d’un point de vue biblique, les données de ce type me paraissent assez marginales. Dans l’Ancien Testament, le langage conjugal est employé, parfois de façon très explicite, mais il décrit les rapports entre Dieu et son peuple plutôt qu’entre Dieu et l’individu croyant ; certains des chants cités plus haut s'en inspirent. Dans le Nouveau Testament, ce type de langage est très difficile à trouver. La beauté de Jésus, par exemple, n’est pas un motif d’adoration, que l’on parle du Jésus des évangiles ou du Christ glorieux de l’Apocalypse.

Je note que plusieurs autres chants contemporains expriment l’amour de Jésus dans un langage remarquablement équilibré : «O Jésus mon Sauveur» (Darlene Zschech, JEM 640), qui célèbre Jésus le Sauveur et Seigneur ; «À l’Agneau de Dieu» (Élizabeth Bourbouze ; JEM 519), qui évoque l’époux et l’épouse, mais dans un langage communautaire ; «Entends mon cœur» (Geoff Moore – S.C. Chapman, JEM 570), qui exprime l’intimité de la relation ainsi que des réserves sur les capacités du langage à la décrire ; entre autres…