Christophe Paya - Un blog théologique et pratique

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mercredi 7 janvier 2015

Attentat à Charlie Hebdo

Communiqué de la Fédération Protestante de France

7 janvier 2015

Au moment où un horrible attentat perpétré dans les locaux du journal Charlie Hebdo a fait au moins 12 victimes dont 10 journalistes et deux policiers, nous voulons exprimer ici notre plus vive émotion et surtout notre affection et notre solidarité pour les victimes, leurs familles, leurs proches, leurs amis.

Au nom du protestantisme français, nous exprimons notre révolte et nous condamnons cet acte odieux qui touche nos coeurs et nos consciences.

Jamais nous ne laisserons des hommes être ainsi lâchement assassinés sans réagir, ni rappeler combien la vie humaine est précieuse aux yeux de Dieu, et nous affirmons qu’aucune justification n’a de raison d’être à cet égard qui pourrait se prévaloir d’une religion quelle qu’elle soit.

Nous redisons que la République laïque et ses valeurs, notamment la liberté de conscience, la démocratie et la liberté de la presse demeurent pour nous au fondement de notre vivre ensemble.

François Clavairoly
Président de la Fédération protestante de France


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Voir aussi le billet de PLVMagazine, ici.

Mise à jour:

- La déclaration du CNEF, ici.

- Bonne nouvelle d'unité: la FPF appelle ses Eglises membres à participer au rassemblement national du dimanche 11 janvier 2015; et le CNEF annonce la présence de son président à ce rassemblement.

jeudi 18 décembre 2014

Constituer sa bibliothèque

Beaucoup se demandent comment choisir les livres indispensables à une bonne bibliothèque théologique, par exemple celle d'un pasteur, d'un étudiant en théologie, d'un prédicateur ou d'un chrétien engagé.

GDB.jpgOn peut distinguer plusieurs types de lectures, bien sûr, en particulier la bibliothèque de référence et les outils de travail, d'une part, et les lectures régulières qui stimulent la réflexion, d'autre part. C'est la bibliothèque de référence que je voudrais évoquer ici.

- Le Grand Dictionnaire de la Bible, 2010, 1808 pages, 85 euros : C'est le premier outil à se procurer, celui qu'on consultera régulièrement, que ce soit pour des précisions sur un nom propre biblique, sur un lieu, pour une premier approche sur un livre biblique, pour un concept biblique (la frontière entre le biblique et la théologie biblique est mince) et sur bien d'autres choses. Certes, l'ouvrage est cher, mais ses 1800 pages, en deux colonnes, très denses, n'y sont pas pour rien. C'est un investissement durable, qu'on gardera à portée de main.

- Dictionnaire de théologie biblique, sous dir. T.D. Alexander, B.S. Rosner, D.A. Carson, G. Goldsworthy, 2013, 1024 pages, 45 euros: Toujours dans le domaine biblique, ce second ouvrage complète remarquablement le premier. Il ne se préoccupe pas de questions historiques, critiques ou autres, mais de théologie. A mon avis, sa deuxième partie, 270 pages environ sur l'ensemble, mérite à elle seule l'achat du livre. C'est la partie qui traite de la théologie de tous les livres bibliques et de tous les corpus de livres bibliques. Elle est extrêmement éclairante, remarquablement à jour, et de la plume de grands noms de l'exégèse: par exemple les directeurs de l'ouvrage mentionnés plus haut, mais aussi Hagner, Bock, Moo, Provan, Oswalt, Evans, Peterson, Thiselton, Beale, etc. Chaque article est une synthèse de théologie de plusieurs pages qui permet d'accéder directement aux orientations théologiques du livre. Les autres articles ont la particularité d'aborder divers thèmes (espérance, eschatologie, humanité, justice, péché, puissances spirituelles, etc.) au fil du canon biblique. L'ouvrage est traduit de l'anglais, mais plusieurs auteurs francophones y ont participé.

(à suivre)

jeudi 13 novembre 2014

Colloque FLTE mars 2015

La fin de vie : enjeux théologiques et moraux
20 et 21 mars 2015

La fin de vie est à la fois un sujet éternel ! Et une question d’actualité. Que nous choisissions de l’affronter ou, au contraire, de l’enfouir le plus profondément possible, elle surgira toujours à un tournant de notre existence. La mort et le deuil étaient autrefois environnés de rites. Notre société a plutôt tendance à fuir et à cacher cette perspective pourtant inéluctable. Comment accompagner la fin de la vie ? La discipline encore nouvelle des soins palliatifs ouvre la possibilité d’une dernière période entourée et paisible. Pourtant les débats d’aujourd’hui portent sur l’euthanasie ou le suicide assisté. Peut-on, doit-on mettre fin à sa vie lorsque nous pensons que celle-ci ne vaut plus la peine d’être vécue ? La société doit-elle permettre à quelqu’un de choisir le moment de sa fin et l’aider à mourir ? Il y a là la rencontre de bien des dimensions de l’humain que nous devons écouter et chercher à comprendre. La foi a-t-elle quelque chose à nous dire et à dire à notre société ? Ce colloque sera un moment de partage où des expériences et des approches diverses pourront se croiser et s’enrichir à la lumière de l’Évangile.

Programme

Vendredi 20 mars :

  • 15h00 : Accueil
  • 15h30 : Méditation biblique. L’expérience de la mort dans l’AT (Émile NICOLE)
  • 16h00 : L’évolution de la fin de vie dans notre société et les tendances actuelles (Louis SCHWEITZER)
  • 16h45 : Pause
  • 17h15 : Différentes approches de la mort dans nos Églises en fonction des cultures
  • 18h00 : Table ronde
  • 20h00 : Repas


Samedi 21 mars :

  • 9h00 : Méditation biblique. L’expérience de la mort dans le NT (Jacques BUCHHOLD)
  • 9h30 : Les éthiques chrétiennes devant la fin de vie (Xavier LACROIX)
  • 11h00 : Pause
  • 11h30 : Table ronde (avec la participation de Lydia JAEGER) et échanges avec l’auditoire
  • 12h30 : Repas
  • 14h00 : Accompagner la fin de vie

- accompagnement médical (Bernard WARY)
- accompagnement spirituel (Charles NICOLAS)

  • 15h30 : Échanges avec l’auditoire
  • 16h00 : Fin du colloque


Dépliant du colloque ici.

mardi 30 septembre 2014

Au coeur de la louange

Au_coeur_de_la_louange.jpg
Vient de paraître , aux éditions Excelsis, un livre sur la louange communautaire, celle qui se pratique dans le cadre du culte chrétien.

Avec à la fois des réflexions bibliques et théologiques pour tous les chrétiens, et diverses questions très pratiques pour les personnes qui sont impliquées dans ce type de service...

La table des matières est disponible ici.

vendredi 5 septembre 2014

Sur le pardon

Le livre Quand le pardon transcende la tragédie. Les amish et la grâce, propose une sorte de théologie narrative du pardon. La question évangélique du pardon, de l'amour de l'ennemi, de la réaction face au mal, est mise en scène dans une histoire - vraie -, celle de la tuerie de Nickel Mines. Le scénario n'est pas sans précédent aux Etats-Unis: un homme s'introduit armé dans une école et tire sur des enfants.

Amish_Grace.jpgL'originalité de la situation, c'est que cette école est une école amish et que l'homme tire sur 10 fillettes âgées de 6 à 13 ans. L'essentiel du récit, remarquablement rendu par les trois auteurs, porte sur la réaction de la communauté amish face à ce drame; puis aux interrogations que soulève leur attitude de grâce.

On apprend dans ce récit beaucoup sur les amish, leur culture, leurs convictions, leur façon de lire la Bible et la priorité qu'ils donnent au Sermon sur la montagne. Leur attitude n'est pas donnée en exemple à imiter mais s'impose au lecteur comme une question: Quel sens donner au pardon? Quelle pratique du pardon aujourd'hui?

Au bout du compte, cette histoire très émouvante et bien documentée, quelle que soit l'approche que l'on adopte du pardon, fait réfléchir et fait du bien, surtout à l'heure où, dans les sociétés modernes, le prochain devient un ennemi, source de tous les maux. Les amish, dont les travers sont aussi notés par des auteurs qui ne cherchent jamais à idéaliser les choses, font face au mal sur la base de leurs convictions chrétiennes, dont la vengeance ne fait pas partie, ni la haine de l'autre. Beaucoup de questions très actuelles pour les chrétiens francophones d'aujourd'hui, posées par un monde pourtant bien lointain, celui des communautés amish d'Amérique du Nord.

Donald B. Kraybill, Steven M. Nolt, David L. Weaver-Zercher, Quand le pardon transcende la tragédie. Les amish et la grâce, coll. "Perspectives anabaptistes", Excelsis, 2014, 293 pages (ici).

jeudi 15 mai 2014

PLV magazine

PLV.gifJe ne crois pas l'avoir déjà mentionné, mais le journal de l'Union des Eglises Evangéliques Libres de France, Pour la Vérité, n'existe plus en version papier. Il est récemment devenu un webzine régulièrement alimenté par de nouveaux articles et chroniques, et géré par un vrai comité de rédaction. On peut le lire ici.

Mise à jour bibliographique

Ecrire.jpgUne petite mise à jour de ma bibliographie, ce que je n'avais pas fait depuis bien longtemps...

Livres:

  • Christophe Paya et Nicolas Farelly, sous dir., La foi chrétienne et les défis du monde contemporain. Repères apologétiques, coll. OR, Charols, Excelsis, 2013
  • Comprendre Matthieu 1-13 aujourd’hui, coll. La Bible et son message, Vaux-sur-Seine – Charols, Édifac – Excelsis, 2013.

Articles et contributions :

  • « La mission est-elle un ministère de l’Église ou sa nature même ? », in Evert Van de Poll, sous dir., L’Église locale en mission interculturelle. Communiquer l’Évangile au près et au loin, Charols, Excelsis, 2014, p. 29-49.
  • « Salut » in Nicolas Farelly et Christophe Paya, sous dir., La foi chrétienne et les défis du monde contemporain. Repères apologétiques, coll. OR, Charols, Excelsis, 2013, p. 115-124.
  • « Église », in Nicolas Farelly et Christophe Paya, sous dir., La foi chrétienne et les défis du monde contemporain. Repères apologétiques, coll. OR, Charols, Excelsis, 2013, p. 29-36.
  • « “Vous donc, priez ainsi” : regard évangélique », Istina LVII/3, 2012, p. 283-296.
  • « La parabole du roi et des deux débiteurs (Matthieu 18.23-35) : grâce et responsabilité dans la communauté des disciples », dans Alain Nisus, sous dir., L’amour de la sagesse. Hommage à Henri Blocher, coll. Interprétation, Vaux-sur-Seine/Charols, Édifac/Excelsis, octobre 2012.
  • « Les évangiles et la mission de Jésus-Christ et des disciples », dans Hannes Wiher, sous dir., Bible et mission. Vers une théologie évangélique de la mission, Charols, Excelsis, 2011, p. 75-88.

Madeleine Blocher-Saillens: féministe et fondamentaliste

Madeleine_Blocher-Saillens.jpgQuelques extraits du livre passionnant et émouvant qui propose des extraits du journal de la première femme pasteur de France, Madeleine Blocher-Saillens, qui devint pasteur de l'Eglise baptiste du Tabernacle à Paris en 1929. Les textes ont été rassemblés et annotés par Jacques Blocher; le tout est précédé d'un chapitre de mise en contexte de Sébastien Fath.

Le lecture de cet ouvrage place les débats théologiques dans un contexte de vie: des personnes sont en cause, se sentent appelées au service, rencontrent des obstacles. Matière à réflexion pour tous ceux et celles qui sont impliqués dans un service chrétien...

C'est dur d'être une femme ! Si j'étais un homme ayant été le collègue d'Arthur (son mari) pendant 25 ans, ayant la même théologie, les mêmes principes et si même j'avais beaucoup moins de capacités, avec quel bonheur on me faciliterait tout pour me permettre de continuer. Là, le cœur brisé, dans la faiblesse, il faut encore que je défende mon ministère (p. 63).

Prière: Surtout, mon Dieu, remplis-moi de la puissance de ton Saint-Esprit pour pouvoir être le pasteur du troupeau que tu m'as confié. Depuis que je suis au repos, je me rends mieux compte du privilège que tu m'as accordé, mais aussi de mes lourdes responsabilités. Le ministère féminin est si peu reconnu que si je faisais une bêtise, cela ferait un tort incalculable à d'autres de tes servantes. Beaucoup de gens regardent à moi. Et cette Église si fidèle, si généreuse, si éprouvée, qui m'entoure de tant d'affection et de confiance, ne permets pas Seigneur que je sois un mauvais berger. Remplis moi de ta puissance en me gardant dans l'humilité. Je suis si facilement orgueilleuse, Seigneur, béni sois-tu pour le brisement que tu as opéré en moi. Que je sois vraiment morte à moi-même, que ce soit Christ qui vive en moi (p. 77).

Prière: Mon Dieu, je veux ta gloire. Je n'ai pas résisté à la vision céleste, je n'ai pas refusé d'être pasteur, je t'ai obéi. Seigneur, je ne sais si tu veux que mon cas pose la question du ministère féminin, mais je suis entre tes mains pour faire Ta volonté. Libère toutes ces chrétiennes mornes, timides, silencieuses, qui reçoivent sans donner, qui osent à peine te prier tout haut. Que les messagères de bonnes nouvelles deviennent légion, que ton règne vienne. Merci de m'avoir donné le douloureux privilège d'être un précurseur, garde-moi humble et fidèle à tes pieds (p. 101-102).

lundi 28 avril 2014

Missiologie évangélique

La revue Missiologie évangélique (entièrement en ligne) publie son deuxième numéro (2.1).

Il est accessible à l'adresse suivante : http://www.missiologie.net/blog/revue-de-missiologie

Au sommaire:

- Une théologie évangélique des religions, selon Timothy Tennent (David ROWLEY)
- Annoncer le Christ dans le contexte de l’Islam populaire (Viviane ANDRÉ)
- L’univers magico-religieux et les chrétiens antillais (Ésaïe SAINT-MARC et McTair WALL)
- Témoigner du Christ dans un contexte moderne sécularisé: quelques pistes pour une approche contextualisée (Jacques NUSSBAUMER)
- Flashes sur les documents de Lausanne: la liberté et la persécution (Marjorie LEGENDRE)

lundi 17 mars 2014

Colloque FLTE

Eglise_multiculturelle.jpgLe colloque de la Faculté Libre de Théologie Evangélique (Vaux-sur-Seine, France) intitulé: Chances et défis des Eglises multiculturelles, approche. Il aura lieu les 21 et 22 mars prochains dans les locaux de la FLTE. Voilà le programme, riche en interventions et en débats:

Vendredi 21 mars :
15h00 : Accueil
15h30-16h00 : Méditation biblique (Jacques BUCHHOLD)
16h00-16h20 : « L’exercice de l’autorité dans l’Église » (Jean-Claude GIRONDIN)
16h20-17h00 : Table ronde
17h45-17h55 : Pause littéraire (Josepha FABER)
17h55-18h35 : « Musique, chant et diversité : la pratique musicale du culte comme modalité de l’hospitalité chrétienne » (Ruth LABETH)
18h35-19h10 : Table ronde
20h00 : Repas

Samedi 22 mars :
9h00-9h30 : « Lecture à deux voix de l’épître aux Romains » (Frédéric DE CONINCK et Jean-Claude GIRONDIN)
9h30-9h50 : « Les pratiques de deuil dans l’Église locale » (Richard GELIN)
10h30-10h40 : Pause musicale (Jean Adrien MOUKORY)
10h40-11h20 : Table ronde
11h20-11h30 : Pause littéraire (Dominique RANAIVOSON)
12h30 : Repas
14h00-14h40 : « Les mariages interculturels, perspectives pastorales » (Charles-Daniel MAIRE)
14h40-15h15 : « Le magico-religieux (guérison, sorcellerie… ) et l’Église » (Alain NISUS)
15h15-16h00 : Table ronde et conclusion

L'inscription est gratuite (libre participation aux frais), sauf repas.

jeudi 13 mars 2014

Elections

FPF.jpgLa Fédération Protestante de France lance un appel à voter aux élections municipales: un vote qui ne soit pas basé sur le rejet mais sur l'espérance. Car "la foi est projet et non pas rejet".

Qu’ils protestent pour demain, de sorte que demain soit humain, si possible.
Le vote aux communales, notamment est fait pour cela.
Pour choisir ce qui nous est commun.
Non pour exclure et nous séparer les uns des autres, nous replier sur nous-mêmes ou nous rejeter mutuellement, mais pour tenir ensemble.
Différents mais ensemble, jusque et y compris au sein de l’Europe.
La Fédération protestante de France encourage chacune et chacun à exercer ses responsabilités de citoyen pour préparer l’avenir.

mercredi 29 janvier 2014

Ethique

Labyrinthe2.jpgL'actualité éthique est riche en questions, problèmes, incompréhensions et possibles égarements. Elle fait l'objet, ces derniers temps, de déclarations qui viennent renforcer et argumenter les convictions chrétiennes, et qui permettent de s'y retrouver dans le labyrinthe de sujets parfois très techniques.

- Sur la fin de vie:
Le conseil de la Fédération protestante de France (FPF) a rédigé et diffusé un texte argumenté, intitulé Vivant jusqu'à la mort, affirmant qu'il serait "regrettable et dangereux que l'euthanasie soit dépénalisée et inscrite d'une manière ou d'une autre dans la loi".
On le trouve sur le site de la FPF, dans la rubrique actualité.

De son côté, le Conseil National des Evangéliques de France (CNEF) a publié un Communiqué sur la fin de vie reprenant la substance du texte de la Commission d'éthique protestante évangélique.
On le trouve ici.

La Commission d'éthique protestante évangélique, qui est composée de représentant de l'UEEL (Union des Eglises Evangéliques Libres de France), de la FEEBF (Fédération des Eglises Evangéliques Baptises de France) et de l'UNEPREF (Union des Eglises Protestantes Réformées Evangéliques de France), et qui collabore aussi avec le CNEF, a publié récemment un texte "pour le développement des soins palliatifs et une meilleure information sur la loi actuelle, et contre l’inscription de l’euthanasie ou du suicide assisté dans la loi".
On le trouve ici.

- Sexualité et homosexualité:
CEP_Homosexualite.jpgA noter que cette même commission d'éthique avait aussi juste avant publié un texte très intéressant sur l'homosexualité, intitulé Aimer mon prochain homosexuel, "en faveur d’une pastorale de l’homosexualité “qui soit digne, respectueuse et empreinte d’amour envers les personnes homosexuelles, tout en étant fidèle à la vérité biblique".
On le trouve ici.

On peut accompagner ce texte du numéro spécial des Cahiers de l'Ecole pastorale hors série n°15, 2013, intitulé: Homosexuel, mon prochain. Une approche pastorale évangélique. Et de l'article de Jonathan Hanley, "Sexualité et homosexualité", dans le tout récent dictionnaire La foi chrétienne et les défis du monde contemporain. Repères apologétiques, Excelsis, 2013.

- Théories du genre:
Defis_monde_contemporain.jpgL'actualité toute récente rappelle que ce n'est pas en caricaturant, et encore moins en dénaturant, les positions adverses qu'on fait avancer la cause chrétienne. On trouvera un article bien informé, de la plume de Luc Olekhnovitch: "Gender/Genre, Théorie(s)", dans La foi chrétienne et les défis du monde contemporain. Repères apologétiques.

- Autres sujets:
En plus des sujets de gouvernance internationale, bien traités par le Défi Michée, en particulier cette année la corruption, et de diverses autres questions, restera aux Eglises à dire quelque chose sur le tragique repli d'une partie de la population européenne sur des "valeurs" extrémistes, représentées en Europe par divers partis et mouvements, et des personnages plus radicaux encore. Les Eglises, qui non seulement se réclament de valeurs qui n'ont aucun point commun avec les précédentes, qui respectent les lois, mais qui sont aussi des lieux où l'on apprend à vivre ensemble, dans l'entraide et la vérité, ont à coup sûr quelque chose à dire sur ce sujet. La détresse humaine qui peut parfois conduire à chercher refuge dans des pensées qui ne sont en réalité porteuses d'aucune espérance véritable peut être entendue, assurément. Mais ce qui se voit aujourd'hui dans les Eglises incite à ne pas en rester là: des jeunes et des moins jeunes qui prient et chantent ensemble, des personnes en difficulté qui reçoivent de l'aide, des chrétiens d'ici qui vont ailleurs pour apporter leur expérience et leur service, et des chrétiens d'ailleurs qui viennent ici apporter leur expérience et leur service; à coup sûr, ces Eglises, même si c'est très modestement, ont quelque chose à dire qui n'a rien à voir avec le discours désespérant de ceux qui orientent vers des solutions en forme de voie sans issue.

samedi 14 décembre 2013

Regard théologique sur l'actualité

Defis_monde_contemporain.jpgExtraits du tout nouveau dictionnaire La foi chrétienne et les défis du monde contemporain. Repères apologétique:

Article "racisme" (Alain Nisus):
Dans le langage de l’Écriture, l’unité et l’homogénéité de la race humaine sont exprimées par la dérivation de tous les humains d’un même ancêtre, Adam. Le récit de la Genèse stipule que Dieu a créé les animaux selon leur espèce, mais une telle formule n’apparaît pas pour l’homme. Parmi toutes les créatures vivantes de Dieu, l’homme est le seul qui n’a pas été créé « selon son espèce », mais en image de Dieu. Ainsi, tous les hommes sont « frères » en Adam et Ève, frères en humanité. Dieu n’a pas choisi une « race » particulière pour être porteuse de son image.

Article "polique" (Erwan Cloarec):
"Dans la perspective chrétienne, la politique – irriguée par la prière fervente et bénissante de l’Église – a simplement pour vocation de réaliser les conditions matérielles du vivre-ensemble, non pas de promouvoir l’Évangile (si ce n’est en permettant sa libre prédication, afin que tous puissent saisir par eux-mêmes la vérité qui les affranchira !). Elle n’est pas le lieu de la définition d’une vie juste et bien policée, mais l’espace qui doit permettre la vie des hommes, avec cette visée élémentaire de vivre les uns avec les autres de manière pacifiée, libre et solidaire, par-delà nos appartenances confessionnelles et par-delà nos destinations spirituelles."

mercredi 20 novembre 2013

Théologie Evangélique n°2, 2013

ThEv_couv.jpgNuméro spécial de la revue Théologie Evangélique, "Qu'est-ce que la vérité ?", en collaboration avec le Réseau Evangéliques et Sciences Humaines (RESH).

Lydia Jaeger, « La vérité : perspectives philosophiques et théologiques » (p. 3-32)
Résumé : L'article réfute plusieurs remises en cause théologiques et philosophiques de la définition classique de la vérité comme correspondance aux faits et montre que des définitions rivales de la vérité (pragmatiste, cohérentiste, vérificationniste, relativiste) ne peuvent pas la remplacer. Tout en défendant ainsi la conception classique de la vérité, l'article fait ressortir comment la doctrine de la création permet de l'enrichir, pour prendre en compte la dimension personnelle et plurielle de toute entreprise humaine de connaissance.
Mots-clés : Vérité ; Théorie de la connaissance ; Descartes ; Michael Polanyi ; Cercle de Vienne.

Sébastien Fath, « L’historien, la vérité et la foi » (p. 33-57)
Résumé : L’historien et le croyant portent tous deux leur regard sur l’histoire, selon des modalités et des motivations qui leur sont propres. Mais ces regards sont-ils compatibles ? Le rapport à la vérité, en particulier, est-il le même selon qu’on intègre ou non l’action de Dieu dans l’histoire. Partant de trois textes d’« historiens », cet article relève les possibles dérives de l’histoire religieuse : l’histoire comme apologétique, l’histoire au service de l’Église, la manipulation de l’histoire à des fins théologiques, l’histoire comme arme de controverse. En réponse, il pose le cadre d’un rapport sain à l’objet religieux.
Mots-clés : histoire ; histoire religieuse ; vérité ; théologie ; Église.

Donald Cobb, « La vérité dans l’évangile de Jean » (p. 58-76)
Résumé : Une étude de la vérité dans l’évangile et les épîtres johanniques fait apparaître une variété de nuances importantes : 1°) Dans la vie des croyants, la vérité revêt un aspect fortement éthique. 2°) La capacité de l’appréhender découle d’un positionnement préalable vis-à-vis de Dieu et, ultimement, du fait d’être « né de Dieu ». 3°) Dans l’évangile, la vérité s’associe de façon intime à Jésus-Christ dans sa fonction de révélateur du Père. Vérité et révélation sont alors inséparables. L’unité entre ces différentes facettes de la vérité s’explique par le fait que, fondamentalement, la vérité chez Jean est la conformité au caractère de Dieu lui-même.
Mots-clés : Littérature johannique, vérité, pratique, révélation, procès.

Agnès Blocher, « Le rôle de la vérité en psychologie » (p. 77-92)
Résumé : Le sujet, abordé sous un angle clinique et dans une perspective chrétienne, s'attachera à démontrer le rôle structurant de la vérité sur la maturité psychoaffective et son influence libératrice en situation traumatique.
Mots-clés : Vérité ; Psychologie ; Protection de l'enfance ; Traumatisme ; Maltraitance intrafamiliale.

Articles suivis d'une postface d'Henri Blocher (p. 97-111): "Vers une théologie des sciences humaines".

mercredi 23 octobre 2013

La foi chrétienne et les défis du monde contemporain

Defis_monde_contemporain.jpg Il est annoncé et en pré-commande: La foi chrétienne et les défis du monde contemporains. Repères apologétiques, le nouveau dictionnaire dont j'ai eu le plaisir de diriger la rédaction avec mon collègue Nicolas Farelly.

49 auteurs issus de la francophonie (d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Afrique) et appartenant à diverses institutions de formation, unions d’Églises, organisations et missions chrétiennes ont rédigé les 76 articles qui constituent les 600 pages de cet ouvrage.

Le champ traité est assez vaste: théologie (Église, Mal, Prière, etc.) ; Bible (Apocryphes et Bible, Canon de la Bible, etc.) ; éthique (Bioéthique, Écologie, Famille, Gender/genre, Racisme, etc.) ; culture et société (Cinéma, Dépendances, Économie, etc.) ; foi et religion (Expérience religieuse, Islam, Protestantisme, etc.) ; philosophie et valeurs (Matérialisme, Pluralisme, Psychologie, etc.); liste complète ici.

La réflexion des articles de ce livre se veut en dialogue avec le monde d'aujourd'hui. Elle parcourt à la fois les lieux classiques de la réflexion chrétienne, comme la révélation et l'inspiration de la Bible, le Saint-Esprit, l'être humain, les miracles, le mariage, la loi, l'athéisme, etc.; et aborde aussi des questions moins souvent traitées ou d'actualité: le cinéma, la publicité, le "genre", le racisme, la bioéthique, le sport, la vieillesse, les religions traditionnelles africaines; ou des questions plus difficiles, comme le rapport entre la Bible et l'histoire, l'art, le matérialisme, la psychologie, la vérité, etc.

mercredi 2 octobre 2013

Revue Théologie Evangélique : nouvelle maquette

ThEv_couv.jpg Nouvelle maquette pour la revue Théologie Evangélique !

Pour mémoire, Théologie Evangélique est une revue de réflexion théologique publiée trois fois par an par la Faculté Libre de Théologie Evangélique (Vaux-sur-Seine, France).

La nouvelle maquette a été inaugurée avec le n°1 de 2013; le n°2 vient de paraître.

Au sommaire du n°1:
Gaël Archinard, « "Les temps des nations" en Luc 21.24b : un jugement sur les nations ? », p. 1-22
L’auteur étudie le sens des « temps des nations », évoqués par Jésus dans le discours apocalyptique de Luc 21 et souvent convoqués pour soutenir l’idée d’une restauration terrestre de Jérusalem avant la parousie. En analysant la structure lucanienne du dernier discours public de Jésus, il établit un lien étroit entre la fin de Jérusalem et la fin du monde. Cela le conduit à comprendre les « temps des nations » comme un jugement sur les nations, inaugurant le jugement eschatologique. À ses yeux, cette hypothèse de lecture éclaire suffisamment l’ensemble du discours pour prendre la forme de preuve.

Timothée Minard, « La prophétie chrétienne, d’après le Nouveau Testament : l’état de la question », p. 23-41
Donner une définition biblique de la prophétie chrétienne est un exercice particulièrement délicat. En quoi consiste la prophétie dont la pratique est encouragée par le NT ? Cette étude résume pour le lecteur francophone un débat essentiellement anglophone. Après avoir présenté de manière critique les principales propositions sur le sujet, l’auteur propose sa propre définition néotestamentaire : « la prophétie chrétienne est l’acte de transmettre, sous la forme d’un message intelligible, une révélation inspirée par l’Esprit du Dieu de Jésus-Christ ».

Lydia Jaeger, « Quelle place pour Dieu dans le doute cartésien ? », p. 42-68
On se représente couramment Descartes comme un philosophe rationaliste qui prend la pensée humaine comme point de départ de toute connaissance. En particulier, la connaissance de Dieu semble venir après la connaissance de soi. Cet article examine la place précise que Descartes attribue à Dieu dans son système philosophique tel qu’il le présente dans son Discours de la méthode et ses Méditations métaphysiques. Tout en confirmant en partie l’image reçue de Descartes, l’étude de ces textes révélera des zones de tension dans la pensée de Descartes. Par moments, on constate une conscience étonnamment aiguë du rôle fondamental que joue Dieu pour la connaissance humaine. Le doute lui-même (ou plus précisément la possibilité de le reconnaître comme tel) semble être lié à l’existence de Dieu. Ainsi, Descartes témoigne (peut-être contre son gré) du fait qu’aucune connaissance finie n’est possible sans être ancrée dans l’Infini.

Hannes Wiher, « Toucher les êtres humains en profondeur (première partie) », p. 69-85
La transformation des gens au plus profond de leur être et la formation d’une nouvelle identité en Christ sont le but de chaque ouvrier dans le règne de Dieu. Cet article montre, au-delà du fait fondamental que le Saint-Esprit transforme les profondeurs de l’homme, que ce changement se produit par une approche interdisciplinaire, par le biais de la notion de vision du monde. Savoir analyser et transformer cette vision du monde peut conduire à des vies et des sociétés transformées. L’article présente les outils nécessaires.

lundi 30 septembre 2013

Protestants en fête à Bercy

PEF.jpgTrès beau culte, dimanche 29 septembre, au Palais omnisports de Paris-Bercy, dans le cadre de Protestants en fête, manifestation organisée par la Fédération Protestante de France.

Une heure du déroulement était retransmise sur France 2. On peut donc la revoir sur le replay de la chaine.

Un bon mélange de cultures liturgiques, avec en ouverture et en clôture, deux parties qui correspondaient bien au dynamisme des cultes évangéliques et en partie centrale un déroulement plus liturgique, avec en particulier un long service de Sainte Cène qui était présidé par Gilles Daudé et Victoria Kamondji. La partie retransmise a probablement dû donner de l'ensemble une image plus traditionnelle que l'ensemble du culte ne l'était en réalité.

La prédication de Claude Baty était très accessible à tous, claire comme on pouvait s'y attendre, et elle a notamment exhorté l'auditoire à mettre au premier plan de l'action chrétienne la communication de la Parole de Dieu. Claude Baty a transmis le flambeau de la présidence de la Fédération Protestante de France à son successeur, François Clavairoly. Ce dernier événement, Protestants en fête - Paris d'espérance, constitue une belle conclusion pour ses années de présidence, qui ont donné, avec Protestants en fête Strasbourg et Paris, une visibilité plus festive au protestantisme français.

Pour revenir au culte, on peut aussi noter que la musique, chorale et orchestre, était dirigée de main de maître par John Featherstone, dont une des compositions, "Viens nous parler" (paroles de Jean-Luc Gadreau), va, je l'espère, trouver son chemin jusque dans les répertoires des Eglises.

La fanfare de l'Armée du salut a très agréablement surpris pas sa modernité et la qualité de son travail, et a remarquablement contribué au dynamisme de la dernière partie du culte notamment.

MISE A JOUR: J'ai regardé la version télévisée du culte, pour voir quel effet produisait sur le spectateur cet extrait d'un culte beaucoup plus long. C'est un moment remarquable, en qualité esthétique et en contenu. On y perçoit bien le travail de la chorale et de sa direction, et la qualité de la présidence du culte. A part les blancs et petites problèmes techniques de la fin, plus gênants à la télé qu'en live, le culte retransmis donnait donc une assez fidèle impression de l'ensemble.

mercredi 11 septembre 2013

La Bible et son message

Du nouveau en matière de commentaires bibliques, en cette rentrée de septembre 2013. Une nouvelle collection, coéditée par Edifac et Excelsis, propose des commentaires de la Bible qui ajoutent à l'explication du texte des réflexions sur son actualité.

Genese_1-11_Richelle.jpgPour l'Ancien Testament, le premier volume est : Comprendre Genèse 1-11 aujourd'hui. Il est signé par Matthieu Richelle, professeur d'Ancien Testament à la Faculté libre de théologie évangélique. Genèse 1-11, c'est évidemment une collection de questions difficiles, concernant les origines de l'humanité, le rapport entre la science et la foi, le rapport à l'histoire, etc. Des questions sur lesquelles il est essentiel de se pencher. En plus de ces questions, le commentaire fait bénéficier le lecteur des apports de l'analyse narrative, qui enrichit considérablement la lecture des récits bibliques.

Matthieu_1-13_Paya.jpgEn Nouveau Testament, j'ouvre le bal avec un premier volume sur Matthieu 1-13. Matthieu 1-13, c'est bien sûr des textes magnifiques, très connus et très riches, comme le Sermon sur le montagne ou les paraboles du royaume, ou même le récit de la naissance de Jésus. Ces textes sont passionnants à commenter, et les indices de leur actualité ne manquent pas. Mais Matthieu 1-13, c'est aussi des textes moins connus, comme le discours d'envoi en mission des disciples, ou les polémiques des chapitres 11 et 12. C'est aussi des questions difficiles, comme l'actualité des guérisons des chapitres 8-9.

L'originalité de cette nouvelle collection est la prise en compte de l'actualité du message biblique. Elle présuppose que les livres de la Bible ont un message qui, tout en s'enracinant dans leur contexte original, le dépasse et nous parle aujourd'hui encore. Mais cette réflexion sur l'actualité des livres bibliques ne veut pas se faire au détriment de la compréhension des textes. Aussi ces commentaires s'inscrivent-ils dans la recherche moderne, sans pour autant s'imposer les notes techniques et bibliographiques qui accompagnent habituellement les travaux exégétiques. Les auteurs ont d'ailleurs souhaité rédiger leur texte de manière à ce qu'il soit lisible tel quel, d'affilé, par exemple pour une méditation régulière.

Le mieux, c'est d'en lire des extraits: on peut en trouver sur le site d'Excelsis, ici pour Genèse 1-11 et pour Matthieu 1-13. Les livres sont actuellement en pré-commande pour les membres du Club des souscripteurs d'Excelsis.

S'interroger sur le message de la Bible pour le monde d'aujourd'hui est un exercice exigeant et passionnant. Exigeant si l'on veut maintenir le lien entre ce qu'on a compris du texte biblique et ce qu'on en déduit pour aujourd'hui. C'est tout le travail, par exemple, des prédicateurs. Passionnant parce que, comme l'ont souvent dit les théologiens (dont John Stott), cela veut dire avoir sur son bureau et sa Bible et le journal du jour ! Pour chercher à comprendre et la Bible et le monde d'aujourd'hui.

jeudi 20 juin 2013

Les livres de l'été : Rodney Stark, L'essor du christianisme

Stark_-_Essor.jpgUn livre à ne pas laisser passer: Rodney Stark, L'essor du christianisme. Un sociologue revisite l’histoire du christianisme des premiers siècles, 2013, 304 pages.

Un regard inhabituel, qui perçoit les choses d'une manière différente de celle des historiens et des théologiens, qui utilise d'autres arguments et raisonnements pour interpréter le développement du christianisme au cours des premiers siècles de l'histoire.

Il parle de croissance de l'Eglise, de la vie des chrétiens dans l'Empire romain et en particulier dans les villes de l'Empire il parle du rôle des femmes dans le développement du christianisme; il parle des martyrs et de bien d'autres choses...

Extraits du chapitre 4 :

En 165, pendant le règne de Marc-Aurèle, une épidémie ravageuse balaya l’Empire romain. Certains historiens de la médecine se demandent s’il ne s’agissait pas là de la première apparition de la variole en Occident. Mais quelle que fût cette maladie, elle était mortelle. Pendant la quinzaine d’années où cette épidémie se répandit, c’est d’un quart à un tiers de la population qui en mourut, y compris Marc-Aurèle lui-même en 180 à Vienne. Puis, en 251, une autre épidémie tout aussi dévastatrice balaya de nouveau l’Empire, frappant les zones rurales aussi durement que les villes. Cette fois, il s’agissait peut-être de la rougeole. La variole et la rougeole peuvent provoquer des taux de mortalité massifs lorsqu’elles frappent une population auparavant non exposé ...

Il est fréquent dans l’histoire humaine que les crises engendrées par des désastres naturels ou sociaux se soient traduites par des crises au niveau de la foi. Typiquement, cela se produit du fait que les catastrophes font peser sur la religion dominante des exigences qu’elle s’avère incapable d’assumer. Cette incapacité peut intervenir à deux niveaux. D’abord, la religion peut être inapte à fournir une explication satisfaisante de l’origine du désastre. Deuxièmement : la religion peut apparaître inopérante contre le désastre, ce qui peut se révéler vraiment critique lorsque tous les moyens non religieux se révèlent eux-mêmes inadéquats – lorsque le surnaturel reste la seule source éventuelle de secours ...

Nous voici dans une cité qui empeste la mort. Tout autour de nous, notre famille, nos amis tombent comme des mouches. Nous ne savons pas si ce sera notre tour de tomber malades, ni quand. Au milieu de circonstances aussi affolantes, les humains sont amenés à se demander : pourquoi ? Pourquoi tout cela arrive-t-il ? Pourquoi eux et pas moi ? Est-ce qu’on va tous mourir ? Et puis, pourquoi le monde existe-t-il ? Qu’est-ce qui va se passer après ? Qu’est-ce qu’on peut faire ?

Si nous sommes païens, nous savons probablement déjà que nos prêtres professent leur ignorance. Ils ne savent pas pourquoi les dieux ont envoyé une telle détresse – ni même, en réalité, si les dieux y sont pour quelque chose ou s’ils en ont quelque chose à faire. Pire encore, beaucoup de nos prêtres ont fui la ville, comme l’ont fait les autorités les plus hautes et les familles les plus riches, ce qui ne fait qu’ajouter au désordre et à la souffrance.

Rodney Stark montre alors comment l’attitude des chrétiens, au cœur de ces grandes épidémies qui frappaient le monde romain, se distinguait de celles des païens. Alors que les païens – et on peut les comprendre – chassaient les malades et fuyaient leurs proches lorsqu’ils étaient touchés, les chrétiens prenaient soin des malades et des mourants, assuraient des sépultures décentes aux défunts, au péril de leur vie.

mercredi 17 avril 2013

Jacques et Jean à la télévision

Jacques_et_Jean.jpgLes disciples Jacques et Jean, fils de Zébédée, ont fait l'objet d'une petite explication de ma part dans le magazine MagBible, sur France 2, dimanche 14 avril.

On peut le revoir sur le replay de France 2 ici.

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